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Louis-Ferdinand CÉLINE — Lettre à Simone SAINTU

À Simone Saintu ; Juillet 1916

Ici la mer est tranquille. Moi aussi. Mes pensées s'émondent peu à peu de tout ce qu'elles ont de pénible. Je me sens envahi par une grande indulgence pour tout. Peu à peu, l'amertume sarcastique que laisse le passé s'adoucit et ne laisse plus place qu'à un doux scepticisme qui s'étend au futur ; et le présent apparaît, seul, dégagé, épuré et radieux.

Il ne faut demander plus à la vie, c'est déjà beaucoup.

Louis-Ferdinand CÉLINE - Lettres CÉLINE ; Préface d’Henri GODARD . Édition par Henri GODARD et Jean-Paul LOUIS . Bibliothèque de la Pléiade.

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LA JEUNESSE SE SOUVIENT !


JEAN-LUC GODARD (1930-2022)


Incroyable (mais sans doute pas mystérieux) ! Hier soir je revoyais Pierrot le fou (1965), un de ses films initiaux et légendaires, avec sa muse Anna Karina et Jean-Paul (pas encore Bébel) Belmondo et, pratiquement au même moment, Godard mourait… Après ce (re)visionnage j'en étais arrivé à la même conclusion que la précédente fois : du n'importe quoi scénaristique et des dialogues, heu “ erratiques ”, mais du n'importe quoi très bien filmé avec une photographie en couleurs éclatantes splendide (qu'aurait été Godard sans Coutard ?).


CE MÉPRIS QU'ON NE SAURAIT MÉPRISER..


Je dirais presque la même chose de son plus bel opus, Le Mépris (1963) où tout, absolument tout, Brigitte Bardot, la villa-Bunker de Malaparte à Capri, la musique de Delerue, les cabriolets italiens, l'évocation finale devant la mer et le ciel d'azur du mythe d'Ulysse - et jusqu'au personnage d'arriviste lâche de Pccoli avec son petit chapeau américain sixties - tout concourrait à l'inoubliable cinématographique. Et en plus, là, il y avait une forme de récit, celui de la désagrégation d'un couple fondant au soleil des pressions sociales et financières. A côté du Mépris, A bout de souffle (1959) avait presque une dimension de feuilleton télévisé - certes un peu bizarre pour l'époque : bon, avec ce film, Godard - et Belmondo et Jean Seberg - entraient tout jeunes dans la légende, et la Nouvelle Vague recevait son certificat officiel de baptême. Mais pour moi, c'est un quatrième personnage qui fait le sel d'A bout de souffle : le quartier des Champs-Elysées à la veille des années soixante.


Il y avait encore un peu de classicisme dans ces deux films. Mais très vite Godard allait s'acharner à devenir sa propre caricature artistique, faisant dans l'abscons flamboyant. Le grand désordre de l'an 68 allait décupler sans doute les capacités à la “ déconstruction ” de ce Suisse romand et protestant né à Paris de parents français. Quand on revoit par exemple La Chinoise (1967), salmigondis d'images et de slogans sous influence maoïste et sur fond de guerre du Vietnam, on a l'impression d'un réalisateur en roue libre, sans pitié pour ses acteurs (Godard faisait pratiquement tout dans ses films, sauf l'acteur). C'est le même fond 68tard, anti-civilisation de consommation, qui inspire Week-end (1967), où le culte si français de la bagnole est violemment dénoncé, de façon anarchique : heureusement que Jean Yanne et Mireille Darc (qui ne garderont pas un très bon souvenir de cette expérience) sont là pour fournir des repères au spectateur, concurremment avec quelques jolies voitures de marque bien maltraitées. Toujours la volonté de choquer le bourgeois, même de gauche, même nouvelle vague - car ses chers collègues Chabrol et Truffaut ont très vite fait un cinéma de qualité française aussi classique que celui qu'ils dénonçaient dans Les Cahiers du Cinéma.


Godard fut donc, dans ces années-là, et comme presque tout le monde chez les “ professionnels de la profession ” cinématographique (l'expression est de lui je crois), un adepte d'un maoïsme complètement déconnant et déconnecté du vrai (maoïsme). Certains gauchistes le baptisèrent d'ailleurs à l'époque “ le plus con des Suisses pro-chinois ” ! (le plus “ barge ” me parait mieux approprié). Godard a d'ailleurs pris Daniel Cohn-Bendit comme acteur principal de son western parodique anti-capitaliste et anti-américain Vent d'Est (1970).


HORS NORMES ET HORS CONTRÔLE


Ce qui est intéressant avec Godard c'est qu'il était “ no limit ”, totalement en roue libre, peut-être fou après tout. Son film Le Petit soldat (tourné en 1960 mais débloqué par la censure en 1963), qui parle d'activisme d'extrême droite sur fond de guerre d'Algérie, renvoie dos à dos les pré-OAS et les FLN. Surtout, ses prises de position constantes contre Israël et même les Juifs Israéliens en font une personnalité “ délicate à manier ”, d'autant plus délicate qu'elle est historiquement incontournable (on verra bien si à l'heure des hommages se sont entendre quelques “ bémols ”)…


Plus récemment (mai 2014), et toujours dans un registre “ punk ”, il avait émis le voeu, sur les ondes de France Inter puis dans les colonnes du Monde, que le FN arrive en tête aux législatives et que le président François Hollande appelle à Matignon Marine Le Pen “ pour que ça bouge un peu ” - il avait raison, ça aurait bougé “ un peu ”, en effet…


Je me souviens aussi d'un grand moment de télévision culturelle : Bernard Pivot avait fait dialoguer Godard avec son équivalent féminin en “ étrangeté branchée et intello ”, j'ai nommé Marguerite Duras. J'entend encore cet échange, disons particulier, encore pimenté par leurs timbres (si j'ose dire) de voix si particulier…

-Elle : “ Ton film est très beau Jean-Luc ”

-Lui : “ Tu dis bien les choses ! ”

(il y en a pour plus d'1 heure de dialogue, alors sûrement il y a quelques moments rares de folie)…


Bon, disons que Jean-Luc Godard était une sorte de professeur Tournesol, qui transformait tout ce qu'il touchait en caricature digne du talent des Inconnus ou de Jean Yanne. J'ai quand même vu (j'étais invité) un de ses films à sa sortie, au printemps 1985, Détective : un défilé d'absurdités drôles à force d'être absurdes, auquel n'a rien dû comprendre l'infortuné Johnny Hallyday, acteur principal du “ film ”, qui avait quand même comme “ repère ” sa compagne Nathalie Baye. Ce qui me fait penser à ce curieux thriller de science-fiction Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (1965), étrange film “ policier ” futuriste (ou dystopique) en effet, ne serait-ce que par la présence surréaliste de la populaire star des années 50 Eddie Constantine, rejouant son rôle le plus fameux, celui du privé yankee Lemmy Caution, et qui, lui aussi, a pu se demander ce qu'il était venu faire dans cette galère…


… Une galère tendance, de toute façon. Car malgré son cinéma erratique et ses prises de position de moins en moins orthodoxes, Jean-Luc Godard, avec ses lunettes et sa voix nasillarde, était devenu une icône depuis longtemps, vénérée de tout ce qui pense et gouverne, et pas seulement dans le Septième Art : Macron vient de lui rendre hommage (il aurait préféré que ce fût Marine ?)


https://www.youtube.com/watch?v=Ts7HBWQXWfA


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https://www.youtube.com/watch?v=shSX7VOQlFQ

Pierre Robin

Nikon D5300 - 50mm ©
Modèle : @noeliadelord
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